« Inspiré par Nature » de Yannick Ribeaut

Dimanche 3 août, visite de l’exposition « Inspiré par Nature » de Yannick Ribeaut à la maison de quartier du Moulleau, à Arcachon. Elle avait été précédemment présentée à la Maison Louis David à Andernos. A Bordeaux, sera présentée l’exposition « Gainsbourg Inside » à la galerie Arrêt sur l’image, du 11 septembre au 11 octobre.

Yannick Ribeaut habite Gujan-Mestras depuis quelques années et vous ne le connaissez sans doute pas. C’est normal, il se cache derrière son appareil photo ou se terre dans son laboratoire. La preuve, le très bon logiciel de recherche de Sud-Ouest ne le trouve pas : deux expositions et pas un article… Il en a, pourtant, présenté de nombreuses dans les années qui précèdent : il saisit l’image, la triture, la magnifie, lui donne du sens mais ne se soucie pas beaucoup de la faire connaître. C’est son moindre défaut.

Les photos rassemblées pour cette dernière présentation, principalement en noir et blanc, montrent sa grande maîtrise du travail de laboratoire. Des vagues gigantesques dont l’écume s’envole jusqu’aux nuages ne sont pas sans évoquer le champignon mortel d’Hiroshima en cette période anniversaire ; séries de palmiers aux branches épanouies, ils viennent d’Espagne ; arbres torturés par les vents, on reconnaît même celui de notre chemin du littoral ; plantes… Les photos, souvent traitées de manière très graphique, se rapprochent du dessin et ont alors des tonalités de bleu (photos développées selon le procédé Cyanotype) Une exception pour la tulipe dont la couleur explose dans cet environnement très monochrome, mais elle a été glacée. Cerise sur le gâteau, nous avons droit à notre moulin de Larros qui retrouve une nouvelle jeunesse avec un dessin grené et où les temps s’affrontent dans la rencontre d’un bâtiment séculaire et d’une Harley Davidson.

Ce travail de recherche, très varié, ne représente qu’une toute petite partie de la création de ce jeune quinquagénaire qui pratique aussi bien le portrait, le reportage, la photo publicitaire et se livre à une recherche sociologique avec le « Neighbours project » dans lequel il confronte deux images : celle de l’habitant (hommes, femmes ou enfants) chez lui, à sa fenêtre, et celle de ce qu’il perçoit. Un rapprochement d’où jaillit une vérité nouvelle. Cette expérience prendra tout son sens quand un très grand nombre d’exemples auront été accumulés, lorsque des séries de lieux, de sites différents, d’innombrables visages se seront ajoutés créant une mosaïque propice à l’analyse sociologique. Par cet effet d’amplification il souhaite, comme le disait Le Corbusier, : « ouvrir des yeux qui ne voient pas ». Peut-être finissons-nous par ressembler à notre environnement.

La photographie, Yannick Ribeaut l’aime tellement qu’il ne conçoit pas d’en faire un gagne-pain dans un emploi traditionnel avec ce que cela suppose de répétitions, de concessions, de renoncements. La recherche photographique sous toutes ses formes est ce qui le mobilise le plus. Ce qui crée une sorte de double-vie avec le gagne-pain dans les secteurs proches de la communication visuelle et les travaux photographiques qui conduisent à l’édition et aux expositions.